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Revue Reconquete n° 338
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338Marc FroidefontDom Gérard

DOM GÉRARD


La revue Reconquête d’avril-mai 2008, entièrement consacrée à Dom Gérard, vient d’être rééditée. Peut-être certains de nos lecteurs, notamment les plus jeunes, ne connaissent pas Dom Gérard. Ordonné prêtre en 1956, cet ardent défenseur de la liturgie latine devint par après ermite, puis, à la tête d’une petite communauté, fonda le monastère du Barroux, lequel fut élevé à la dignité d’abbaye en 1989. Ce n’est pas une biographie néanmoins qui peut faire connaître Dom Gérard à ceux qui ne l’ont pas rencontré, mais plutôt ses écrits et les témoignages des nombreuses personnes qui ont eu la chance de le voir et de l’entendre. Les écrits de Dom Gérard sont d’une force exceptionnelle, et de nombreux extraits, tant de ses sermons que de ses livres, peuvent être lus dans ce numéro de Reconquête. Quant aux témoignages de ceux qui ont eu la grâce de le voir et de l’écouter, ils sont saisissants tant transparaissent à travers eux à la fois l’énergie et la sagesse que Dom Gérard avait le don d’inculquer à ceux qui l’approchaient.

La lecture de quelques lignes écrites par Dom Gérard suffit à montrer à quel point il était éloigné de ce que Monseigneur Rey vient tout récemment d’appeler le « prêt-à-penser ». Ainsi lors d’une homélie en la cathédrale de Chartres, n’hésitait-il à dire : « Entrez dans une école d’État : les enfants y sont instruits sur tout. Silence sur Dieu ! Scandale atroce ! Mutilation de l’intelligence, atrophie de l’âme -sans parler des lois permettant le crime abominable de l’avortement. Ce qu’il y a de plus triste, mes chers frères, et de plus honteux, c’est que la masse des chrétiens finit par s’habituer à cet état de choses. Ils ne protestent pas ; ils ne réagissent pas. Ou bien, pour se trouver une excuse, ils invoquent l’évolution des mœurs et des sociétés. Quelle honte ! ».

Si Dom Gérard était vif dans sa critique de notre époque, et pas seulement dans ses propos, puisqu’il n’hésita pas un jour à s’enchaîner devant un hôpital pratiquant l’avortement, sans avoir peur d’affronter la justice, il était aussi spéculatif dans ses livres. Entre autres exemples, dans un texte lui aussi retranscrit dans Reconquête, il explique que trois piliers ont permis la construction du monastère du Barroux : une philosophie de l’homme, la sagesse de la Règle, le rayonnement de la liturgie.


Les trois piliers

Le premier pilier, c’est d’abord une saine philosophie de l’homme, et non celle qui prévaut de nos jours : « Ce qui, aujourd’hui, fait trembler sur ses bases une civilisation millénaire, ce n’est pas d’abord le péché de la chair. Il a toujours existé. C’est un abominable mensonge de l’esprit qui s’ingénie de mille façons à faire croire que la nature humaine change, que le monde évolue (bien sûr, il existe une évolution au plan des moyens techniques, mais la nature humaine demeure inchangée) ».

Le second pilier est la sagesse de la Règle : « Nous n’eûmes pas l’outrecuidance d’inventer un nouveau mode de vie monastique. Nous avons tout simplement redécouvert la sagesse de la Règle de saint Benoît, telle que nous l’ont transmise les anciens, sa richesse, son universalité et son inépuisable pouvoir d’adaptation ».

Le troisième pilier est la liturgie, ou plus exactement le rayonnement liturgique, lequel peut être ramené à trois éléments, la sacralité, la pédagogie et le lyrisme : « Sacralité, c’est-à-dire reflet du divin en ce qu’il a d’éternel et de transcendant : le caractère hautement sacral d’une prière transmise par le véhicule d’une langue fixe, protégée de l’individuel et du changeant par des règles immémoriales, discipline des âmes avec une rigueur dont elles sont aujourd’hui tellement privées, et les incline à l’adoration ». La pédagogie : « l’Église, par sa prière, enseigne ses enfants sans en avoir l’air, en leur donnant un goût suave et profond des vérités de la foi, en resserrant dans les oraisons latines du missel toute une théologie aux formules concises et chargées de sens, tandis que le retour régulier des mêmes gestes et des mêmes symboles inscrit dans les cœurs le sens mystérieux des paroles divines ». Le lyrisme enfin : «  Quant au lyrisme, il appartient de droit à la liturgie, laquelle peut s’exprimer soit avec sobriété soit avec magnificence, mêlant avec un art souverain, comme en un grand poème, le chant, le silence, les encensements et la lecture ».


Témoignages

Outre les extraits de ses sermons ou de ses œuvres, on peut lire dans la revue Reconquête consacrée à Dom Gérard, les témoignages de ceux qui l’ont fréquenté. Olivier Figueras insiste sur l’attention que Dom Gérard portait à tous ceux qui le sollicitaient : « Toujours tout à tous ; toujours disponible, même auprès des plus petits ; chacun de ses interlocuteurs étant le plus important d’entre eux ». Yann Baly rappelle l’intérêt de Dom Gérard pour la jeunesse : « Il avait, chevillés au cœur, la volonté et le désir de réveiller une jeunesse endormie mais aussi de redonner l’enthousiasme de la jeunesse à des générations ayant oublié de rester jeunes dans leur esprit ». L’abbé Christian Gouyaud évoque l’atmosphère du Barroux et l’importance de la liturgie : « Au Barroux, les volutes d’encens, de cire et de lavande, la mélodie du chant grégorien, la polychromie de la pierre se rejoignaient en synesthésie et prenait l’hôte de passage ‘par le corps’ pour l’élever ensuite à la transcendance de Dieu : homme de l’enracinement et de l’incarnation, Dom Gérard était un adversaire résolu de toute forme de manichéisme et de gnose. Il rêvait de faire de l’existence tout entière une liturgie : des gestes posés avec onction et répétés avec solennité pour signaler que, même dans les choses les plus humbles, on est dépassé par ce que l’on fait. Comment dès lors aurait-il pu admettre que la sainte liturgie fût réduite à l’arbitraire du célébrant ? ».

Bernard Antony se souvient de l’attention de Dom Gérard aux malheurs de notre monde contemporain : « Il souffrait dans son âme et dans sa chair de toutes les injures publiques faites à Dieu, des abominations de la culture de mort, des humiliations infligées à la France, de l’indifférence générale des clercs et des laïques devant les immenses hécatombes des chrétiens perpétrées par l’hydre révolutionnaire et dans les pays d’Islam ».

Yves Daoudal présente en quelques mots tant la vie que la grandeur de l’œuvre de Dom Gérard : « Dom Gérard est le seul homme qui, au XXe siècle de ténèbres, a construit un monastère ex nihilo. Un grand monastère, entièrement dédié à l’œuvre et à la prière bénédictine. Entièrement voué à la liturgie latine et grégorienne, à la messe de saint Pie V. Un monastère d’où l’on vient du monde entier. Le petit moine rebelle qui s’était fait ermite à Bédouin est devenu le Très Révérend Père Dom Gérard, officiellement Abbé de l’abbaye Sainte-Madeleine, reconnu comme tel par Rome, reconnu dans sa spécificité liturgique, de par la volonté notamment du cardinal Ratzinger ».

Bien d’autres témoignages décrivent Dom Gérard et éclairent tel ou tel aspect de son œuvre. Dom Gérard a été et reste une source d’inspiration pour le Centre Charlier, pour Chrétienté-Solidarité. La réédition de ce numéro de Reconquête entièrement consacré à Dom Gérard est une initiative dont nous ne pouvons que nous réjouir.


Marc FROIDEFONT

À commander au Centre Charlier, 11€ franco de port.










 





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