en latin tous les dimanches, le dialogue a primé avec l'évêché de Laval.
L'abbé Chéhère - prêtre traditionaliste qui avait officié à Niafles pendant plus de quarante ans - est mort début mars. Depuis, les choses n'allaient plus entre les élus de la petite commune sud-mayennaise et l'évêché de Laval (Ouest-France du 31 mars). Après quarante-trois années de messe en latin tous les dimanches, la commune aspirait à retrouver une certaine « normalité » de culte et mettre un terme à cette longue période traditionaliste. Le maire, Michel Montécot, estime avoir été entendu.
« Le vicaire général et l'abbé Thirault [responsable de la paroisse Saint-Clément] sont venus nous rencontrer en mairie, jeudi dernier. Je les ai reçus avec mon premier adjoint, Daniel Gendry. On a discuté entre quat'z'yeux. On aura toujours une messe en latin, mais un dimanche sur dix ou onze, précise Michel Montécot. Notre église ne sera plus ouverte chaque semaine, mais nous allons rentrer dans la normalité. L'endroit va redevenir une église pour les Niaflais. » Plus question de faire poser des scellés, comme l'évoquait le maire il y a peu : « Aujourd'hui, nous jouons la carte de la tolérance. Il faut laisser à l'évêché le temps de s'organiser dans les mois qui viennent. »
Le maire n'avait pas le droit
Dans tous les cas, Niafles n'aurait pas eu le droit de fermer son église. « Sauf cas de péril d'immeuble - risque de danger pour les personnes s'y trouvant - le culte doit être assuré. Un maire n'a pas le droit d'interdire l'accès à son église », explique Jean-François Simon, adjoint au bureau central des cultes au ministère de l'Intérieur.
« Dans un pays vivant sous le régime de la séparation de l'Église et de l'État, comment une telle intrusion du pouvoir civil dans le domaine religieux est-elle possible ? J'ai cru à un moment à une version mayennaise du fameux roman de Gabriel Chevalier (Clochemerle), s'interrogeait un lecteur nantais dans un courrier envoyé à la rédaction. Qu'une pétition à l'évêque soit faite par un groupe de catholiques pratiquants niaflais, soit. Que le maire, en tant que maire, veuille réglementer le rite de la messe, voilà qui est incroyable. On se croirait revenu cent ans en arrière. » Niafles a sans doute mis un terme à sa querelle de clocher.
Mikaël PICHARD.